Wrong ++

Dolph a perdu son chien, Paul.
Le mystérieux Master Chang pourrait en être la cause. Le détective Ronnie, la solution. Emma, la vendeuse de pizzas, serait un remède, et son jardinier, une diversion? Ou le contraire. Car Paul est parti, et Dolph a perdu la tête.

Après l’inqualifiable Steak et le déconcertant Rubber, Quentin Dupieux renoue avec son univers improbable, où l’irrationnel révèle une grande part de poésie.

Wrong raconte ainsi l’histoire d’un homme à la recherche de son chien kidnappé. C’est aussi l’histoire d’un voisin qui nie sa passion pour le jogging et qui décide de tout plaquer pour une quête vers l’inconnue dans un désert sans fin. Celle d’une serveuse fleur bleue qui s’amourache d’une voix par téléphone. Celle d’un jardinier qui prend un soin méticuleux à remplacer un palmier devenu sapin. Celle des anciens collègues de Dolph qui aiment travailler dans leur bureau où il pleut à longueur de journée. C’est aussi l’histoire d’un réveil qui sonne à 7h60, d’un détective expert en excréments qui ne quitte pas son polaroid, d’un sage étrange, heureux auteur de Mon chien, ma vie, ma force, de mort que l’on enterre vivant. C’est l’histoire d’un cauchemar qui devient réalité. Ou peut-être l’inverse.

A entendre Dupieux reconnaître que son film idéal « est un rêve total », lui dont les meilleures idées seraient « venues dans un demi sommeil », force est de constater que l’artiste aux multiples talents (il est aussi connu pour son univers musical délicieusement déjanté sous le pseudonyme de Mr Oizo) n’est plus très loin de son but.

Entouré d’habitués (Eric Judor, Jack Plotnick) et de petits nouveaux (Steve Little, William Fichtner), le cinéaste nous sert une fantaisie absurde faussement décousue et aux accents gondryo-pythonesques* sur l’amour inconditionnel d’un maître pour son chien. On en ressort un peu déboussolé mais le sourire aux lèvres sans vraiment savoir pourquoi. Et l’on se surprend à espérer un prochain film inspiré peut-être de l’écriture automatique chère à Breton!

* Néologisme associant le regard de Michel Gondry à celui de Monty Python.

Sortie le 5 septembre 2012.

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Article rédigé par : Laetitia
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